Entretien de Keith Peters et Bill Gates

 Récemment plusieurs personnalités du monde de l’informatique ont souhaité rencontré Bill Gates afin d’avoir sa version quant au futur du web et de l’informatique. Vous connaissez sans doute Keith Peters et son Blog bit 101. Keith et Erik Natzke (art coder intervenu au FlashFestival) ont participé à cette rencontre, leur question concernait l’avenir et de la compéttion des deux moteurs d’affichage vectoriel que sont Flash et Silverlight. Keith Peters a mis il y a quelques temps les discussions en ligne en version anglaise US. Nous mettons en ligne la version française de cette discussion ça se passe .

Bill Gates parle de Flash et de Silverlight (entretien 4ème partie)

Enfin, c’est à moi de poser une question. J’avais diverses idées sur les questions que je pouvais poser à Bill Gates. Pendant qu’il répondait aux personnes qui me précédaient, je pensais changer mais finalement, je m’en suis tenu à ma question d’origine concernant Flash et Silverlight, et leur positionnement à l’avenir. Je ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais. Je pensais peut-être qu’il se braquerait en affirmant que Flash est de l’histoire ancienne, ou qu’il me donnerait une réponse toute faite.

Sa réponse m’a à la fois étonné et désarmé. Elle pourrait être perçue comme une réponse toute faite et complaisante. Or, je la trouve assez perspicace, présentant un point de vue que je n’avais pas vraiment pris en compte : celui de l’utilisateur qui ne se soucie guère du combat entre Flash et Silverlight, tant qu’une page Web fonctionne. Bien entendu, j’aurais voulu poser des milliers d’autres questions sur les taux de pénétration et les différentes tailles des composants logiciels enfichables, etc. mais je n’en ai pas eu le temps. De toute façon, j’avais pu poser beaucoup de ces questions à Scott Guthrie plus tôt dans la journée.

Ce qui m’a un peu agacé, notamment en relisant sa réponse, c’est que Bill Gates considère les utilisateurs de Flash et de Silverlight comme des graphistes. Croyez-moi, je ne suis pas un graphiste.

Cela étant dit, cette journée m’a permis de voir que Silverlight est là pour longtemps et, bien qu’il ne soit pas un « tueur de Flash », je ferais mieux d’en apprendre un peu plus.

« Keith Peters : Je suis un développeur Flash et je voudrais en savoir davantage sur Silverlight. Dans la communauté Flash, Silverlight est, en quelque sorte, perçu comme une menace et bien entendu comme un concurrent sérieux, voire un « tueur de Flash ». Je voudrais donc connaître votre avis sur l’avenir de Flash et de Silverlight. Pensez-vous que ce dernier remplacera Flash, ou que ces deux environnements se complèteront avec leurs propres domaines de spécialisation ?

Bill Gates : Il n’existe aucune exclusivité quelle qu’elle soit, en matière d’environnements d’exécution graphique. C’est-à-dire que vous pouvez exécuter Silverlight autant sur votre Mac que sur un PC sous Windows. Par ailleurs, en tant qu’utilisateur, lorsque vous consultez un site Web, vous ne savez même pas s’il exécute Flash ou Silverlight. Nous ne sommes donc pas dans le même cas de figure que celui des logiciels de traitement de texte ou des systèmes d’exploitation : si vous en choisissez plusieurs, vous devez vous familiariser avec toutes leurs commandes, vous aurez à connaître leurs différences, etc.

Ainsi, lorsque deux systèmes d’exploitation ou logiciels de traitement de texte sont très similaires, l’un des deux prend généralement le dessus. Par ailleurs, une fois que l’un des deux a une grande part de marché, l’autre doit être réellement performant pour venir lui contester sa place, en raison des coûts élevés pour passer d’un logiciel à l’autre pour l’utilisateur.

Ici, il n’y a aucun coût lié au changement. Flash est téléchargé partout dans le monde, et il en sera de même pour Silverlight. Cet environnement d’exécution sera omniprésent. Il est petit et simple. Auparavant, la mémoire était si limitée qu’on ne pouvait pas utiliser plusieurs produits similaires, mais cela ne pose aujourd’hui plus aucun problème.

Le choix est donc davantage du ressort du graphiste. Nous investissons dans cette solution car nous y croyons. Scott Guthrie en sait bien plus à ce sujet que moi.

Mais qu’en est-il du modèle ? Sera-t-il plus performant que Flash en lui retirant des parts de marché au niveau graphique ? Sera-t-il plus performant dans certains domaines, comme pour sa mise en relation avec la logique de programmation parce que nous sommes très bons dans ce secteur ? Sera-t-il uniquement plus performant dans l’environnement Windows ou plus efficace que Flash dans les autres environnements car nous réussissons bien ce type d’intégration? C’est difficile à dire.

En ce qui concerne la concurrence, je pense que c’est une bonne chose. Peut-être que les créateurs de Flash vont corriger un ou deux éléments de leur solution. J’espère que non. (Rires.)

Ainsi, les utilisateurs ne sauront pas quel environnement est utilisé, les graphistes si. Aujourd’hui, 90 % des graphistes utilisent Flash, et une quantité infime utilise Silverlight. Dans les années à venir, Silverlight sera davantage connu et les graphistes auront le choix.

D’après moi, la plupart des graphistes souhaitent essayer un environnement différent. Pourquoi ne pas tester un projet ? Est-ce vraiment beaucoup plus simple ? Est-ce difficile de changer d’environnement ? Les graphistes ont besoin de diversité dans ce domaine. En effet, il existe différents standards en matière de présentation et nous avons pris des décisions différentes dans ce secteur. Pour ce qui est de Flash, les décisions ont été prises avant l’avènement d’Internet. Cela ne signifie pas que cet environnement n’est pas performant mais nous avons pris en compte des éléments modernes lors de la conception de Silverlight. Cela devrait attirer l’attention du public. »

Entretien original en anglais

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